Tous les articles par Opera de Lille

Le projet Finoreille

206937~1

Grâce à la Carmen de Bizet, on ne peut oublier deux choses importantes : que la garde montante croise la garde descendante, et que les chœurs d’enfants ont une place de choix dans le répertoire lyrique depuis le XIXe siècle, de Werther à Tosca, en passant par La Petite Renarde rusée. C’est d’ailleurs l’héroïne de cet opéra de Janáček, Finoreille, qui donne son nom à la “relève” qu’entend créer l’Opéra de Lille. En effet, depuis sa réouverture en 2003, la maison a fait de la conquête de nouveaux publics son objectif prioritaire, et mène, depuis dix ans, de nombreuses actions auprès des jeunes et de ceux qui sont culturellement éloignés de l’opéra.

Pour aller plus loin, l’Opéra lance une opération ambitieuse: des ateliers de pratique chorale régulière pour enfants sur différents points du territoire, animés par une spécialiste du chant choral, Brigitte Rose. C’est le projet Finoreille. Chaque année, ce travail donnera lieu à un concert ou à un opéra pour enfants, interprété par les jeunes membres de Finoreille, sur la scène de l’Opéra de Lille. En juin 2016, on pourra ainsi venir écouter Le Monstre du Labyrinthe, opéra de Jonathan Dove.

Lucia di Lammermoor « hors cadre » – par Stanislas Nordey

Stanislas Nordey, metteur en scène de Lucia di Lammermoor est d’abord un homme de théâtre, surtout attiré par la mise en scène de textes contemporains (il était artiste associé au précédent festival d’Avignon).

Il aime aussi travailler pour l’opéra; à Lille, il a mis en scène en 2011 la création de La Métamorphose, un opéra de Michaël Levinas d’après Kafka. Aujourd’hui, s’il se tourne vers un opéra du répertoire romantique et belcantiste, Lucia di Lammermoor, c’est pour en faire entendre sa modernité.

« Lucia di Lammermoor de Donizetti est pour moi une œuvre hors cadre, un peu monstrueuse et c’est ce qui m’a attiré dans ce projet. Je suis un habitué des créations contemporaines et le répertoire est généralement un territoire qui me laisse à distance. Mais ici… Il y a cette scène incroyable, presqu’une œuvre en elle-même, ce long corridor qu’est la folie de Lucia, ce débordement qui crée un déséquilibre heureux dans la construction de l’opéra.

Je me suis appuyé sur ce levier pour entrer dans l’œuvre, c’est un guide car il témoigne du geste du compositeur, il relaie une faille dans son imaginaire, un gouffre dans lequel il nous propose de pénétrer.

On pourrait dire que, d’un point de vue dramaturgique, la structure de l’œuvre est relativement sage, convenue : il y a ce frère trop présent, ce déchirement entre l’amour et le devoir, les luttes de clans. Mais, il y a qu’elle aime il erre sur la lande dans un abandon sans fin.

La mise en scène essaiera de s’attacher à ce qui est légèrement déplacé dans l’oeuvre, à ce qui tente d’échapper à la convention. Il ne s’agit pas de travailler sur un déplacement dans une autre époque, ni de réécrire l’œuvre. Il s’agira plutôt de traquer dans la fable les détours et les dégagements que se permettent compositeur et librettiste.

Le travail de direction d’acteurs, pour un homme comme moi qui est avant tout un homme de théâtre, sera bien entendu la clé de cette nouvelle production. »

Stanislas Nordey, juin 2013

2 drames amoureux en 3 actes

La vie d’Aloïse Corbaz, figure emblématique de l’art brut découverte par Jean Dubuffet, est semée de passions amoureuses contraintes et délirantes, qui font écho au destin tragique de Lucia.

Pour en savoir plus sur la vie et l’œuvre d’Aloïse Corbaz, ne manquez pas le Sa 12 octobre à 17h30 la
Conférence : 2 drames amoureux en 3 actes par Alexandre Holin, conférencier du LaM (Entrée libre sur réservation au 0820 48 9000 ou billetterie@opera-lille.fr),

et l’exposition consacrée à l’artiste au LaM

Aloïse Corbaz au LaM © DR