
insomniaque
Solistes de l’orchestre Les Siècles
Dans L’Affaire Makropoulos de Leoš Janáček, la chanteuse Emilia Marty a 337 ans lorsque débute l’histoire dans les années 1920 à Prague. Née Elina Makropoulos en Crète à la fin du 16e siècle, elle fut le cobaye d’un élixir de longévité élaboré par son père pour Rodolphe II, empereur du Saint-Empire. Dès lors, elle a parcouru l’Europe et traversé le temps sous de multiples identités. Quel meilleur partenaire que l’orchestre Les Siècles pour nous guider sur les traces de l’énigmatique diva ?
Le voyage commence en Tchéquie, aux côtés de Janáček et deux de ses contemporains, Antonín Dvořák et Vítězslava Kaprálová. Cette dernière, compositrice prodige décédée à l’âge de 25 ans, a laissé une oeuvre profondément originale, à la croisée du romantisme et de la modernité. On y entend l’influence du folklore de son pays et le chromatisme de ses maîtres, Janáček et Martinů. Elle compose son Élégie pour violon et piano en janvier 1939 à Paris – alors que la Tchécoslovaquie est occupée par les nazis – et la dédie à la mémoire de l’écrivain Karel Čapek. Décédé un peu plus tôt, l’auteur de la pièce de théâtre à l’origine de L’Affaire Makropoulos est une figure emblématique de la résistance intellectuelle et un symbole de la culture tchèque menacée. L’œuvre reflète ainsi une double élégie : un hommage à Čapek et une expression de la souffrance collective de son peuple.
La soirée opère ensuite un retour vers le passé : le deuxième concert donne à entendre les « jeunes années » de notre héroïne dans des pièces de musique baroque d’Europe centrale. Parmi elles, deux des fascinantes Sonates du Rosaire de Heinrich Biber. Ce cycle de quinze sonates pour violon et basse continue est conçu comme une méditation musicale sur les quinze mystères sacrés de la vie de la Vierge Marie et de Jésus. Chaque pièce utilise un accordage différent du violon, lui conférant une couleur sonore unique et renforçant son caractère expressif et symbolique. Ce sommet de virtuosité est aussi une œuvre infiniment spirituelle, où Biber allie maîtrise technique et profondeur émotionnelle.
Plus tard dans la nuit, nous glissons dans la peau d’Elina Makropoulos pour parcourir le continent européen et trois siècles de musique, sans prendre une ride. Des fêtes baroques aux audaces contemporaines, depuis la Grèce jusqu’à l’Angleterre en passant par l’Espagne et la Bohême, les morceaux se succèdent comme les visages changeants de l’éternité.
Les concerts Insomniaque ont lieu une fois par Constellation, le samedi à partir de 21h (durée 3 x 1h15 environ).
Laissez la musique vous entraîner dans la nuit. Dans l’obscurité, entre éveil et demi-sommeil, les repères vacillent et les sensations s’intensifient. Confortablement allongé*, profitez de trois concerts successifs : vous pouvez choisir d’en suivre un seul, deux ou les trois !
Tarif D : 10 € par concert / 25 € pour la soirée complète
Bar et petite restauration sur place à partir de 20h15 et jusqu’à 00h30.
* Des fauteuils seront proposés aux personnes ne souhaitant pas s’allonger.
Antonín Dvořák
Quatuor avec piano n° 1 en ré majeur, op. 23 (1875)
Leoš Janáček
Pohádka (Conte), pour violoncelle et piano (1910, rev. 1923)
Vítězslava Kaprálová
Élégie pour violon et piano (c. 1939)
Leoš Janáček
Pièces pour piano & voix
Heinrich Ignaz Franz Biber
Deux sonates du Rosaire (c. 1678)
Gottfried Finger
Sonate en ré majeur et Sonate en sol majeur pour viole de gambe et continuo (vers 1687)
Jan Dismas Zelenka
Motet pour voix et continuo (18e siècle)
Elisabeth Maconchy
Sonate pour alto et piano : Allegro (1937)
Leoš Janáček
Pièces pour piano et pour violoncelle
Georges Aperghis
Récitations pour voix seule (extraits, 1978)
Bohuslav Martinů
Trois madrigaux pour violon et alto (1947)
Heinrich Ignaz Franz Biber
Balletto pour plusieurs instruments (fin du 17e siècle)
Nikos Skalkottas
Duo pour violon et alto (1938-42)
Antonio Soler
Fandango en ré mineur pour clavecin (vers 1760)
Enrique Granados
Quejas ó la maja y el ruiseñor, extr. de la suite pour piano Goyescas (1911)
Avec
Solistes des Siècles
Marianne Croux soprano
Thibaut Maudry violon
Hélène Desaint alto
Alexis Derouin violoncelle
Alexis Gournel piano
Josèphe Cottet violon baroque
Samuel Hengebaert alto baroque
Julie Dessaint viole de gambe
Eloy Orzaiz orgue positif

insomniaque
Ensemble dissonArt, Simon Stockhausen
Samedi 11 octobre 202521hRéservation active
Samedi 11 octobre 202522h45Réservation active
Dimanche 12 octobre 20250h30Réservation active
Tarif D : 10 €|25 €
Et si la musique contemporaine n’était pas une énigme mais une aventure ?
L’œuvre littéraire de Boris Vian emprunte au surréalisme une forme de fantaisie verbale, à laquelle n’échappe pas L’Écume des jours. Pour les musiciens de l’ensemble dissonArt, cet art de se jouer des normes se retrouve chez certains compositeurs actuels, en quête eux aussi d’un langage singulier.
La soirée démarre par une invitation dans l’univers contemplatif de l’Américain Morton Feldman. Sa pièce Piano, Violin, Viola, Cello réunit un effectif classique de musique de chambre, mais dans une approche très personnelle. La musique évolue lentement, dans un pianissimo constant, au gré de textures délicates, de nuances harmoniques subtiles et de légers décalages rythmiques, créant une atmosphère profondément méditative.
Le deuxième concert explore des langages sonores aussi contrastés qu’inattendus, auxquels s’entremêlent des extraits des célèbres Suites de Jean-Sébastien Bach. Le souffle poétique de la clarinette solo d’Edison Denisov précède le dialogue théâtral de la flûte et de la contrebasse de Beat Furrer, tandis que Georges Aperghis fait parler cette dernière dans un murmure presque humain. Avec un ensemble instrumental amplifié, Niels Rønsholdt déroule un conte étrange, où le mystère se teinte d’inquiétude. Son compatriote, le Danois Christian Winther Christensen, invente quant à lui une « vraie fausse » musique de nuit, sans clair de lune ni romantisme, mais pleine d’ironie. En écho au jeu des musiciens, Simon Stockhausen tisse un lien entre les pièces par le biais de l’électronique live.
Aux alentours de minuit, ce dernier nous embarque vers ses propres contrées, où l’espace se fait sensation, et où le son devient immersion. Plongé très tôt dans l’univers avant-gardiste de son père Karlheinz, Simon Stockhausen se tourne ensuite, avec son frère Markus, vers le jazz et la musique improvisée ; il compose pour ensembles et orchestres, notamment pour le cinéma. Il se consacre aujourd’hui à une musique électro atmosphérique, mêlant sampling, transformation numérique de sons acoustiques et spatialisation.
Les concerts Insomniaque ont lieu une fois par Constellation, le samedi à partir de 21h (durée 3 x 1h15 environ).
Laissez la musique vous entraîner dans la nuit. Dans l’obscurité, entre éveil et demi-sommeil, les repères vacillent et les sensations s’intensifient. Confortablement allongé*, profitez de trois concerts successifs : vous pouvez choisir d’en suivre un seul, deux ou les trois !
Tarif D : 10 € par concert / 25 € pour la soirée complète
Bar et petite restauration sur place à partir de 20h15 et jusqu’à 00h30.
* Des fauteuils seront proposés aux personnes ne souhaitant pas s’allonger.
CONCERT 1
à 21 h
Morton Feldman,
Piano, Violin, Viola, Cello (1987)
CONCERT 2
à 22 h 45
Edison Denisov
Sonate pour clarinette seule : Lento poco rubato (1972)
Beat Furrer
Ira-Arca, pour flûte et contrebasse (2012)
Jean-Sébastien Bach
Suite pour violoncelle no 3 en do majeur : Prélude et Gigue (1717-23)
Georges Aperghis
Parlando, pour contrebasse (2009)
Niels Rønsholdt
Fear and Loath en sol mineur,
pour flûte, clarinette, violon, violoncelle, contrebasse et piano (2014)
Jean-Sébastien Bach
Suite pour violoncelle no 5 en do mineur : Prélude, transcription pour alto solo (1717-23)
Christian Winther Christensen
Nachtmusik [ohne eine aufdringliche Nachtstimmung],
pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano (2012)
Musique électronique composée et interprétée par Simon Stockhausen
CONCERT 3
à 00 h 30
Musique électronique composée et interprétée par Simon Stockhausen
Ensemble dissonArt :
Jannis Anissegos flûte
Alexandros Stavridis clarinette
Theodor Patsalidis violon
Chara Seira alto
Vassilis Saitis violoncelle
Yannis Chatzis contrebasse
Lenio Liatsou piano
Simon Stockhausen électronique