Samedi 6 juin21h

Samedi 6 juin22h45

Dimanche 7 juin0h30

Durée : 1h15 par concert

Tarif D : 10 €|25 €

De jeunes héros et héroïnes qui cherchent leur voie, entre l’Ombre et la Lumière. Des figures tutélaires qui décident de leur transmettre le pouvoir. Et au cœur de cette histoire, des instruments aux effets surnaturels. Dans le sillage des représentations de La Flûte enchantée, le Concert d’Astrée propose un écho nocturne à des thèmes centraux d’une oeuvre qui représente la quintessence de l’humanisme de Mozart — à travers des musiques qui l’ont précédé.

Explorons d’abord le concept d’héritage artistique, en l’occurrence, celui d’Arcangelo Corelli, l’un des pères de la technique du violon. La sonate en trio, qu’il a façonnée, est devenue le terrain de jeu des générations suivantes. C’est le cas de son élève Francesco Antonio Bonporti, et de Pietro Antonio Locatelli qui diffusa l’héritage corellien dans toute l’Europe — jusqu’à sa ville d’adoption, Amsterdam. En France, François Couperin a érigé à Corelli un monument avec l’une de ses « Apothéoses », mettant en scène l’accueil du maître italien au Parnasse, auprès des Muses. À Hambourg, Georg Philipp Telemann exprime à son tour cet hommage dans des sonates aux accents corelliens.

Intéressons-nous ensuite à l’imitation, procédé qui prend toute son importance à l’époque baroque : les voix imitent les instruments, les instruments les voix — et tous deux les sons de la nature. Depuis les résonances naturelles les plus évidentes, chez Daquin et Couperin, le programme chemine vers des imitations plus subtiles, où la musique laisse transparaître les manifestations physiques des émotions — comme dans le baroque italien, berceau de la rhétorique des affects, ou dans la cantate de Händel Mi palpita il cor. Pour conclure, retour en France, où Élisabeth Jacquet de La Guerre dresse un saisissant portrait d’Ulysse, traversant tempêtes et sommeil.

À la tombée de la nuit, invoquons enfin la force magique que l’on prête au timbre de certains instruments — à l’image de la flûte de Tamino ou du carillon de Papageno. Le percussionniste Sylvain Fabre entame un jeu avec les esprits de ceux qui s’assoupissent : par des vibrations, tantôt profondes, mystérieuses, rugueuses ou apaisantes, il embarque les auditeurs dans un parcours acoustique au cœur des percussions, qui pourrait bien — qui sait — les conduire jusqu’à la transe.

À propos des concerts Insomniaque

Les concerts Insomniaque ont lieu une fois par Constellation, le samedi à partir de 21h (durée 3 x 1h15 environ).

Laissez la musique vous entraîner dans la nuit. Dans l’obscurité, entre éveil et demi-sommeil, les repères vacillent et les sensations s’intensifient. Confortablement allongé*, profitez de trois concerts successifs : vous pouvez choisir d’en suivre un seul, deux ou les trois !

Tarif D : 10 € par concert / 25 € pour la soirée complète
Bar et petite restauration sur place avant le concert (à partir de 20h15) et pendant les deux entractes.

* Des fauteuils seront proposés aux personnes ne souhaitant pas s’allonger.

Programme

Concert 1 — L’héritage d’Arcangelo Corelli
21 h

Arcangelo Corelli
Sonate en trio en do majeur, op. 4 no 1 (1694)

Francesco Antonio Bonporti
Sonate en trio en ré mineur, op. 1 no 5 (1696)

Arcangelo Corelli
Sonate en trio en sol majeur, op. 1 no 9 (1681)

François Couperin
Le Parnasse ou L’Apothéose de Corelli (1722-1723)

Georg Philipp Telemann
Sonate corellisante no 2 en la majeur (1735)

Pietro Antonio Locatelli
Sonate en trio en mi mineur, op. 5 no 2 (1736)

Antonio Vivaldi
Follia en ré mineur, op. 1 no 12 (1705)

Concert 2 — De L’imitation de la nature à l’imitation des sentiments
22 h 45

Jean-Philippe Rameau
« Papillon inconstant », extr. des Indes Galantes (1735)

François Couperin
« Les Lis naissans », extr. du Troisième livre de pièces de clavecin (1722)

Louis-Claude Daquin
« L’Hirondelle », extr. des Pièces de clavecin (1735)

François Couperin
« Les Abeilles », extr. du Premier livre de pièces de clavecin (1713)

Jean-Philippe Rameau
« Premier air pour Zéphire »extr. des Indes Galantes (1735)

Francesco Cavalli
« Luci mie », extr. de Serse (1654)

Georg Friedrich Händel
Mi palpita il cor (v. 1706-1710)

Jean-Philippe Rameau
« Troisième concert », extr. des Pièces de clavecin en concert (1741)

Élisabeth Jacquet de La Guerre
Le Sommeil d’Ulysse (v. 1715)

Concert 3 — Vibrations…
00 h 30

Carte blanche au percussionniste Sylvain Fabre

Distribution

Avec
Solistes du Concert d’Astrée
Gwendoline Blondeel soprano
David Plantier, Clémence Schaming violons
N. N. violoncelle
N. N. viole de gambe
Benoît Hartoin clavecin
Sylvain Fabre percussions