Samedi 24 janvier21hRéservation active

Durée : 1h15 par concert

Tarif D : 10 €|25 €

Dans L’Affaire Makropoulos de Leoš Janáček, la chanteuse Emilia Marty a 337 ans lorsque débute l’histoire dans les années 1920 à Prague. Née Elina Makropoulos en Crète à la fin du 16e siècle, elle fut le cobaye d’un élixir de longévité élaboré par son père pour Rodolphe II, empereur du Saint-Empire. Dès lors, elle a parcouru l’Europe et traversé le temps sous de multiples identités. Quel meilleur partenaire que l’orchestre Les Siècles pour nous guider sur les traces de l’énigmatique diva ?

Le voyage commence entre Bohême et Moravie, aux côtés de deux icônes de la musique tchèque. Qu’il s’agisse de contes populaires, de légendes ou du théâtre de son époque – comme la pièce de Karel Čapek pour L’Affaire Makropoulos –, Leoš Janáček était toujours en quête de sujets singuliers pour sa musique. Le concert commence par quelques pages de son célèbre Journal d’un disparu composé sur des poèmes anonymes publiés dans un quotidien tchèque, dans lesquels un jeune paysan découvre l’amour et la liberté aux côtés d’une tsigane. Ils s’entremêlent ici aux trois mouvements d’une pièce pour violoncelle et piano inspirée d’un conte russe, où un jeune prince échappe au souverain des Enfers grâce à l’amour et à la ruse.

Bien que compatriotes et quasiment contemporains, Antonín Dvořák et Leoš Janáček semblent appartenir à deux mondes. Le premier est un grand romantique au rayonnement international, le second un chercheur obstiné, en quête de modernité. Pourtant, Dvořák fut un ami et un repère pour Janáček et les deux hommes partagèrent une admiration mutuelle. L’un et l’autre défendirent l’identité nationale tchèque et puisèrent leurs inspirations respectives à la même source du folklore musical slave et morave.

Nous nous glissons ensuite dans la peau d’Elina Makropoulos pour parcourir l’Europe et quatre siècles de musique… sans prendre une ride ! Des fêtes baroques aux audaces contemporaines, depuis la Grèce jusqu’à l’Angleterre en passant par l’Espagne et la Bohême, les morceaux se succèdent comme les visages changeants de l’éternité.

La soirée s’achève par un retour vers les « jeunes années » de notre héroïne, avec des pièces de musique baroque d’Europe centrale. Parmi elles, trois des fascinantes Sonates du Rosaire de Heinrich Biber. Ce cycle de quinze sonates pour violon et basse continue est conçu comme une méditation musicale sur les quinze mystères sacrés de la vie de la Vierge Marie et de Jésus. Chaque pièce utilise un accord différent du violon (scordatura), lui conférant une couleur sonore unique et renforçant son caractère expressif et symbolique. Ce sommet de virtuosité est aussi une œuvre infiniment spirituelle, où Biber allie maîtrise technique et profondeur émotionnelle.

À propos des concerts Insomniaque

Les concerts Insomniaque ont lieu une fois par Constellation, le samedi à partir de 21h (durée 3 x 1h15 environ).

Laissez la musique vous entraîner dans la nuit. Dans l’obscurité, entre éveil et demi-sommeil, les repères vacillent et les sensations s’intensifient. Confortablement allongé*, profitez de trois concerts successifs : vous pouvez choisir d’en suivre un seul, deux ou les trois !

Tarif D : 10 € par concert / 25 € pour la soirée complète
Bar et petite restauration sur place avant le concert (à partir de 20h15) et pendant les deux entractes.

* Des fauteuils seront proposés aux personnes ne souhaitant pas s’allonger.

Programme

Une nation en quête de voix :
Dvořák et Janáček
21 h

Leoš Janáček
En alternance
Journal d’un disparu, pour voix et piano (1917) – extraits
Un conte, pour violoncelle et piano (1910, rev. 1923)

Antonín Dvořák
Quatuor avec piano n° 2 en mi bémol majeur, op. 87 (1875)

Sur les traces d’Elina Makropoulos :
une aventure européenne
22 h 45

Asciano Mayone
Toccata quarta per il cimbalo cromatico (1609)

Vítězslava Kaprálová
Élégie, pour violon et piano (vers 1939)

Johann Joseph Vilsmayr
Partita no 5 en sol mineur (1715) : Arpeggio, pour violon seul

Georges Aperghis
Pub 2, pour voix seule (2000)
En un tournemain, pour alto seul (1986)

Elizabeth Maconchy
Sonate pour alto et piano (1937) : 1er mouvement

Alessandro Poglietti
Sonate pour violon, viole et continuo (1693)

Antonín Dvořák
Trio à cordes no 4 en mi mineur, op. 90, « Dumky » (1891)
Mélodies tziganes, pour voix, cordes et piano (1880)

Joaquín Turina
Poema en forma de canciones, pour voix et piano (1917)

Jan Dismas Zelenka
Lamentation, ZWV 54:1, pour voix et continuo (1723)

Leoš Janáček
Un conte, pour violoncelle et piano (1910, rev. 1923)

Bohuslav Martinů
Trois madrigaux, pour violon et alto (1947) : 1. Poco allegro – Poco vivo

Nikos Skalkottas
Duo pour violon et alto (1938) : II. Andante

John Eccles
The Mad Lover, pour viole et continuo (vers 1700)

Max Reger
Cinquante-deux préludes de chorals (1902-03) : 29. Nun komm, der Heiden Heiland (Viens, Sauveur des païens)

Les ténèbres de l’immortalité :
les Mystères douloureux
00 h 30

Heinrich Ignaz Franz Biber
Sonates du Rosaire (vers 1678), cycle des Cinq Mystères douloureux,
pour violon et continuo (viole de gambe et orgue) :
VI. L’agonie au jardin des Oliviers
IX. Le chemin de croix
X. La crucifixion

Gottfried Finger
Ground en sol mineur, pour viole et continuo (vers 1700)
Sonate en ré mineur, pour viole et continuo (1688)

Distribution

Avec
Solistes des Siècles
Marianne Croux soprano
Thibaut Maudry violon
Josèphe Cottet violon baroque
Hélène Desaint alto
Alexis Derouin violoncelle
Julie Dessaint viole de gambe
Alexis Gournel piano
Eloy Orzaiz orgue positif

Conception du programme
Samuel Hengebaert / ActeSix

Programme de salle