Samedi 7 mars22h45Réservation active

Samedi 7 mars21hRéservation active

Dimanche 8 mars0h30Réservation active

Durée : 1h15 par concert

Tarif D : 10 €|25 €

Ouverture des réservations le mardi 27 janvier

Dans Les Enfants terribles, la musique de Philip Glass semble parfois suspendre le temps par la répétition de motifs hypnotiques. Cette exploration d’espaces sonores nouveaux, où le temps se dilate dans une expérience sensorielle, anime de nombreux compositeurs depuis la seconde moitié du 20e siècle. Confortablement allongé dans la pénombre du Grand foyer, franchissez le seuil de la nuit et traversez les frontières du son.

De l’obscurité émergent d’abord les audaces sonores de Giacinto Scelsi (1905-1988). En jouant pendant des heures une seule note sur un piano, auscultant ses moindres variations, l’Italien a fondé son esthétique sur le son unique et sa profondeur. Manto est écrite pour alto solo avec des interventions vocales du musicien : c’est une œuvre intime et rituelle, fusion de l’instrument et de la voix. Dans Xnoybis pour violon solo, Scelsi sculpte des intervalles presque imperceptibles autour d’une note centrale, tandis que chaque corde est accordée différemment pour créer des frictions acoustiques. Ces deux pièces encadrent l’un des quatre Archipels d’André Boucourechliev (1925-1997), dont la partition est parsemée d’îles dans le grand blanc du papier. Elles présentent des structures qui définissent, tantôt de manière graphique, tantôt avec une écriture musicale traditionnelle, des types de sons, des gestes ou des rythmes. Au moment du jeu, les musiciens choisissent ensemble — et en réaction les uns aux autres — les trajectoires entre ces îles. Ainsi, l’œuvre ouverte et mobile se trouve sans cesse recréée.

La soirée nous plonge ensuite dans la musique envoûtante de Georg Friedrich Haas. Le compositeur autrichien, né en 1953, est une figure majeure du mouvement spectral : son utilisation des micro-intervalles de ton dessine un monde ambigu, instable. Lui aussi s’intéresse aux structures répétitives, mais là où Glass les emploie pour construire des architectures lumineuses, Haas cherche à « chatouiller le corps en des endroits inhabituels ». Les deux pièces pour clarinette, violoncelle et piano de ce programme confrontent l’individualité de chaque instrument au son global du trio, dans un jeu de clair-obscur inspiré par les évènements célestes.

Plus tard dans la nuit, Augustin Muller, membre du Balcon et réalisateur en informatique musicale à l’Ircam, interprète une heure de musique électronique inspirée par le monde sonore de Philip Glass.

À propos des concerts Insomniaque

Les concerts Insomniaque ont lieu une fois par Constellation, le samedi à partir de 21h (durée 3 x 1h15 environ).

Laissez la musique vous entraîner dans la nuit. Dans l’obscurité, entre éveil et demi-sommeil, les repères vacillent et les sensations s’intensifient. Confortablement allongé*, profitez de trois concerts successifs : vous pouvez choisir d’en suivre un seul, deux ou les trois !

Tarif D : 10 € par concert / 25 € pour la soirée complète
Bar et petite restauration sur place avant le concert (à partir de 20h15) et pendant les deux entractes.

* Des fauteuils seront proposés aux personnes ne souhaitant pas s’allonger.

Programme

Concert 1
21 h

Giacinto Scelsi
En alternance
Manto I, II, III pour alto solo (1957)
Xnoybis I, II, III pour violon solo (1964)

André Boucourechliev
Archipel II pour quatuor à cordes (1968)

Concert 2
22 h 45

Georg Friedrich Haas
Improvisation spatialisée autour de Tria ex uno I (d’après Josquin Desprez),
pour clarinette, violon et violoncelle (2001)

Deux pièces pour clarinette, violoncelle et piano (2018)
1. Lunar eclipse
2. Equinox

Concert 3
00 h 30

Performance électronique live d’Augustin Muller d’après Philip Glass

Distribution

Avec
Solistes du Balcon
Iris Zerdoud
clarinette
Constance Ronzatti, Rozarta Luka violon
Grégoire Simon alto
Clotilde Lacroix violoncelle
Alphonse Cemin piano
Augustin Muller électronique